Partenaires

CNRS
Universite Clermont Auvergne


Rechercher

Sur ce site


Accueil du site > Actualités > Que sont-ils devenus ? > René Brun, l’informatique pour la physique.

René Brun, l’informatique pour la physique.

Lozérien, René Brun a effectué ses études universitaires à Clermont-Ferrand. Étudiant d’été au CERN en 1971, il rejoint ensuite notre laboratoire où il passe son DEA (Diplôme d’Études Approfondies) puis soutient une thèse de troisième cycle en 1973 portant sur la formation de sous-structures à l’intérieur du noyau, sous la direction de Jean-Pierre Alard.

Il intègre rapidement la division DD du CERN et participe activement, dans le cadre de l’expérience R602 aux ISR (Anneaux de Stockage à Intersections), au développement du logiciel HBOOK qui génère des histogrammes : HBOOK a un succès qui dépasse cette expérience puisqu’il est utilisé sur toutes les autres.

À la demande de Carlo Rubbia, René rejoint en 1974 l’expérience NA4 (diffusion profondément inélastique de muons) et il participe jusqu’à 1978 aux développements des logiciels de simulation GEANT 1 et GEANT 2, tout en continuant à améliorer HBOOK. Rejoignant l’expérience OPAL au LEP en 1980, il propose d’intégrer la géométrie des détecteurs dans ses logiciels, cela conduit à GEANT 3 dans OPAL en 1981, puis dans ALEPH et L3 en 1983, et dans de nombreuses autres expériences par la suite.

C’est alors qu’il reprend le développement d’un système d’analyses interactives des données, qui n’avait pas été concluant dans le cadre de R602, mais cette fois-ci, c’est un succès : il s’agit de PAW (Physics Analysis Workstation Package), qui connaitra de nombreuses évolutions.

En 1993, il propose l’idée révolutionnaire d’introduire dans GEANT 3 une programmation orientée objet. Le management du CERN ne suit pas. L’expérience ions lourds NA49 est, pour lui, une nouvelle occasion pour proposer de passer du FORTRAN à C++. Avec l’aide de Fons Rademakers, il lance le projet ROOT (OO pour Orienté Objet, R pour René et Rademakers, et T pour Technologie). Et c’est le laboratoire Fermilab, en septembre 1998, qui retient officiellement ce logiciel ! Du coup, le management du CERN n’a d’autres possibilités que de renforcer le groupe sur ce projet en le portant à douze personnes. ROOT devient finalement le logiciel standard pour toutes les expériences LHC en 2006-2007.

Depuis, GEANT et ROOT ont connu de nouvelles évolutions. Pariant sur l’avenir, René milite fortement en faveur du nouveau challenge que constitue le parallélisme. A la retraite depuis octobre 2012, membre honoraire au CERN, René continue à travailler sur un modèle qu’il confronte aux données du LHC. Tout au long de sa carrière, il a toujours défendu l’idée que l’objectif principal est la physique et non le calcul informatique. C’est en étant près des expériences qu’il a saisi l’intérêt de développer des projets souvent dérangeants mais couronnés de succès.

Mais nous avons omis volontairement quelque chose qui s’est passé de 1990 à 1992. Pendant cette période, il a accueilli dans son groupe un certain … Tim Berners Lee, qui inventa alors le WEB. Nous connaissons la suite…